vendredi 7 avril 2017

Seven Surrenders

Second volume de la série Terra Ignota, Seven Surrenders fait suite direct à Too Like the Lightning. Difficile de réaliser une chronique d'un second tome, d'autant plus de passer après l'excellente chronique de Gromovar.
 
Si le premier tome peut être vu comme un tome d'exposition, à la fois une manière de faire découvrir le monde du 25ème siècle (plus d'état nations, mais il y a des restes, une structure par affinité avec des grands groupes supranationaux, plus de famille nucléaire mais un groupe d'individus proche, un monde en paix depuis près de 300 ans, la Lune habitée et mars en cours de terraformation, une économie dont la colonne vertébrale est un réseau efficace de voitures volantes, ...) et de présenter les différents protagonistes de l'histoire en posant une situation de base, le second tome met tous les éléments en mouvement.
 
Et quel mouvement ! Complots révélations, actions, un vrai feu d'artifice pour un roman qui n'oublie jamais d'être intelligent et bien écrit. Les questions posées sont philosophiquement importantes et vertigineuses : quel est le prix de la paix ? comment gouverner une société hautement technologique ? quel est le poids du passé ? de la religion ? du genre sur nos vies ? ....
 
Le tout servi par un narrateur parti prenant des événements, ce qui fait que son témoignage n'est ni omniscient, ni omnipotent et pourrait donc bien servir ses propres objectifs. La question notamment de l'existence de miracles est laissé à l'appréciations des lecteurs. D'une certaine manière les deux romans sont à la fois un témoignage "historique", les mémoires d'un des protagonistes et une Bible (au sens religieux) pour le croyant....
 
La version audio de ce roman est de bonne qualité et très agréable à écouter. Je regrette juste le changement de lecteur (le narrateur restant le même) entre le premier et le second tome.
 
Bref Seven Surrenders, et le premier tome Too Like the Lightning sont des chefs d'œuvre qui méritent clairement de rentre dans la liste des meilleurs œuvres de science-fiction. Un tome supplémentaire est prévu (et je l'attend avec impatience) mais les deux premiers tomes se tiennent très bien ensemble.
 

mardi 28 mars 2017

The Heart of What Was Lost

Roman revenant, 25 ans après la publication du premier tome, dans l'univers de la série de l'Arcane des épées, The Heart of What Was Lost se déroule peu de temps après la fin de la trilogie. Si je craignais un peu le retour dans un univers que j'avais apprécier mais dont la lecture des livres remonte au siècle passé, force m'est de constater que The Heart of What Was Lost est non seulement abordable mais de très bonne facture.
 
Si la lecture de la trilogie de base est utile à la compréhension du roman elle n'est pas indispensable. La situation initiale est assez clairement exposé : une armée "d'elfes des neiges", les Norns (dont l'organisation sociale est inspiré du Japon), est en déroute après avoir tenté de détruire les royaumes humains. Les restes de son armées se regroupent dans leur dernière grande ville afin de résister à l'armée humaine qui les poursuit et qui pourrait les anéantir définitivement.
 
Le roman alterne les points de vue, passant de la vision des humains à la visions des Norns. The Heart of What Was Lost  est avant tous un roman de guerre qui montre de manière très maitrisée qu'aucun camp n'a le monopole de la peur, de l'horreur, qu'aucun camp n'est "le bon". Une lecture que j'ai vraiment apprécié, le lecteur de la version audio fait d'ailleurs un excellent travail,  et qui augure du bon pour la nouvelle série se déroulant plusieurs décennies après.
 
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dimanche 26 mars 2017

Les Seigneurs de Bohen

Dernier roman en date d'Estelle Faye, Les Seigneurs de Bohen est un roman de fantasy chorale sombre et lumineux à la fois. Le monde de Bohen tire ses inspirations de différentes mythologies (chrétienne, judaïque, indienne, européenne, etc.) et est un monde à l'histoire somme toute classique (la magie est moins puissante aujourd'hui que lors de l'époque du mythique Empire des Wurm, les restes de l'ancien empire sont autant de danger se terrant sur les bords de la civilisation) mais très bien construit.

Le roman décrit les évènements menant à la fin de l'Empire de Bohen. Il suit donc les tribulations d'une sorcière des Havres (la région côtière) ayant le pouvoir de contrôler le sel et qui se rend à la capital afin d'obtenir une entrevue avec l'Imperatrice dont la tache est de maintenir loin des côtes les vaisseaux noirs, menace constante pour les marins et la côte.

Les tribulation de Sainte-Etoile, un aventurier qui partage son crâne avec une créature issue du lointain passé de l'Empire. De retour à Bohen il s'attachera a Sorenz, le chef de guerre hermaphrodite qui ferra trembler l'Empire, et qui est lui aussi un des personnages suivit. Le tribulations aussi d'une change-forme, espionne de l’empereur qui sera à la fois témoin et actrice de la chute de l'Empire.

La vie d'une jeune femme dans le ghetto dont le frère a été banni et qui s'émancipera pour devenir une des leaders de la rébellion dans la capital. Son frère donc qui, avec l'aide d'un jeune clerc envoyé aux mines, ressuscitera une ancienne et puissante magie....

La fantasy d'Estelle Faye est un mélange d'histoires mercenaires sombres, de merveilleux, de vision crépusculaire de la fin d'un Empire, mais aussi de moment lumineux. Le roman a la fin très ouverte (je veux en savoir plus !) a aussi de nombreuses touches de romance et de questionnement de genre. Personnellement j'ai beaucoup aimé à la fois l'écriture, l'histoire et l'ambiance qui se dégage du récit, mais les choix de l'auteur sont à mon avis à la fois à même de faire adorer ou détester Les Seigneurs de Bohen.

Book en Stock, grâce à qui j'ai pu lire ce roman, a une interview en plusieurs parties ce mois de mars sur son site. Il n'est d'ailleurs pas trop tard pour aller poser des questions à l'auteure.

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samedi 11 mars 2017

Norse Mythology

Dernier livre de Neil Gaiman, Norse Mythology est une réécriture en langue moderne des différents mythes nordiques. Le lecteur est ainsi invité à suivre les différents dieux du panthéon nordique : Thor, Odin, Loki, Freya, Balder, etc. dans des aventures qui s'étendent de la création du monde à sa fin, Ragnarök,, voir un peu au delà.

La force de Gaiman est de proposer une version en langue moderne des mythes. Son écritures fluide et son sens de la narration font ainsi merveille et la lecture des différentes mythes nordiques est un vrai plaisir. La version audio est de plus lu par l'auteur lui même qui est un très bon lecteur.

La faiblesse du recueil, si l'on peut parler de faiblesse, est peut-être de n'être justement qu'une réécriture des mythes connus. Le lecteur familier avec les sagas de ces divinités ne trouvera ici rien à ce mettre sous la dent : points de points de vue alternatif, de nouvelles péripéties ou de de version alternatives des mythes. C'est également la force du recueil qui est de proposer une version limpide et agréable à lire des mythes.

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lundi 6 mars 2017

Au bal des actifs : demain le travail

Au bal des actifs : demain le travail est une anthologie de douze nouvelles, parue fin février dernier aux éditions La Volte, qui propose le regard de douze auteurs de science-fiction sur la monde du travail.

Arrivé à la fin de la lecture de ce gros recueil (624 pages tous de même) deux constats s'imposent : la qualité des nouvelles est excellente et la vision du travail de demain que le lecteur a au travers d'elles est bien sombre.

La précarité est là dans les nouvelles d'anticipations : comme "Pâles Mâles" de Catherine Dufour qui pousse au maximum la logique d'überisation du travail en suivant une jeune femme qui vit, mal, de petits boulots, mandats peu payés (et parfois assez étranges), ou "Canal 235" de Stéphane Beauverger  qui suit un gigolo qui a gagné un procès pour viol (comme victime) dans un futur où là aussi précarité, petits-boulots et invasions de la vie privé sont légion. C'est le cas également de "Nous sommes une grande famille" de Ketty Steward où les chômeurs sont suivis à distance et évalués.

Le travail comme finalité ou au service d'une élite dans les dystopies de Karim Berouka, "Nous vivons tous dans un monde meilleur" où monde dirigé par un ordinateur ne tourne que autour du travail, de la traque aux syndicalistes et à l’ascension sociale (par le travail et la conformité), ou de Emmanuel Delporte, "Vertigeo" où il faut monter toujours plus haut en construisant la Tour.

La toute puissance des multinationales dans "La Fabrique de cercueils" de L. L. Kloetzer où des travailleurs traitent, à la chaine, des individus en animation suspendu en vu de leur envoie dans l’espace, ou de "Le profil" de Li-Cam où les multinationales sont devenus de tribus auquel les individus s'identifient complétement.

La gamification du travail, avec une évaluation des individus, est au centre de "coÊve 2015" de Norbert Merjagnan, et transparait également dans la nouvelle de Karim Berouka.

La créativité est au centre de "Serf-made-man ? ou la créativité discutable de Nolan Peskine" de Alain Damasio qui montre que même dans ce qui semble une Utopie (revenu universel pour tous, automatisation du travail qui libère les individus du travail lui même) la parte de sens et la compétition forcenée des élites est aliénante.

Finalement deux nouvelles qui discutent du travail de l'écrivain même : le très surprenant "Le Parapluie de Goncourt" de Léo Henry qui consiste aux allers retours entre l'écrivain et ses relecteurs et éditeurs pour arriver à la nouvelle en question, et " Parfum d'une mouffette" de David Calvo qui propose un échange entre un auteur et les différents services de son éditeur dans un futur proche (ou comment mettre en avant le statut précaire de l'auteur sous couvert de la science-fiction).

Au final donc un recueil de qualité, dont le seul défaut est peut-être la vision très sombre sur le devenir du travail et des travailleurs; réalisme, avertissement ou pessimisme l'avenir le dira....

vendredi 3 mars 2017

The Bear and the Nightingale

Premier tome d'une trilogie, bien que la fin ne le laisse pas forcément présagé, The Bear and the Nightingale de Katherine Arden est une fantasy basée sur les mythes slaves et se déroulant dans la Russie médiéval.

Vasilisa est la fille d'un seigneur du Nord, sa mère, morte en couche, était en partie du monde des créatures des bois et des contes. Dans un monde où le Christianisme remplace peu à peu les vielles croyances, Vasilisa a le don de double vue, elle perçoit les créatures de l'ancienne religion. Elle n'est pas la seul, sa belle-mère le peut aussi, mais là où cette dernière croit voir le Malin, Vasilisa sait qu'il ne s'agit que de créatures vivants en bonne harmonie avec l'homme.

Réveillant l’intérêt du démon/prince de l'hiver, Vasilisa passe une enfance heureuse et une adolescence marquée par les avertissements sur un mal qui s'éveille et la méfiance du prêtre, de sa belle-mère et, peu à peu, des habitants du village où elle vit.

Le lecteur est invité à suivre l'enfance et l'adolescence de Vasilisa dans un roman bien écrit et intéressant. L'utilisation de la mythologie slave donne une touche d’originalité (du moins du point de vu du lecteur occidental que je suis) bien venu. Le seul reproche que je trouverai au roman c'est un certain déséquilibre entre la montée de la menace et l'arrivée de celle-ci. En sachant maintenant que c'est le premier tome d'une trilogie (je le répète ce n'est pas du tous apparent arrivé à la fin de la lecture) cela s'explique sans doute par le fait que ce premier tome est le début du "voyage" de l'héroine.

En bref une très bonne lecture.

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jeudi 2 mars 2017

Le mois d'Estelle Faye sur Book en Stock

Ceci est un message de service :

Chez Book en Stock, le blog d'en face, c'est le mois d'Estelle Faye.

Pour la sortie de son nouveau roman, chez Critic, Les Seigneurs de Bohen, le blog propose aux lecteurs de poser des questions à l'auteure :

Déjà deux pages d'interviews sont disponibles (ici et ici) et il est possible de lui poser des questions.

Plus tard dans le mois je chroniquerai Les Seigneurs de Bohen qui m'a gentillement été envoyé par Book en Stock et les éditions Critic.